Le digital, les professionnels et les magasins transformés améliorent sa trajectoire
🍌 Les résultats semestriels publiés par Kingfisher le 22 septembre 2026 dessinent une trajectoire plus encourageante pour Castorama France. Les ventes comparables restent légèrement négatives, mais l’enseigne progresse depuis quatre trimestres consécutifs. Le commerce en ligne, la marketplace, les clients professionnels et la transformation du parc commencent à produire des effets visibles.
Alors, Castorama va-t-il vraiment mieux ? Oui, sa trajectoire s’améliore. Mais la reprise n’est pas encore complète.
Une amélioration réelle, sans retour franc à la croissance
Sur les six mois clos le 31 juillet 2026, les ventes de Castorama France reculent de 0,5 % à données comparables. En intégrant le volume d’affaires réalisé par la marketplace, l’évolution devient légèrement positive, à +0,4 %.
La nuance est importante : le volume d’affaires de la marketplace correspond à la valeur des transactions réalisées par des vendeurs partenaires. Il ne se confond pas avec le chiffre d’affaires directement comptabilisé par Castorama.
Kingfisher souligne néanmoins quatre trimestres consécutifs d’amélioration séquentielle et indique que Castorama a maintenu sa part de marché. Dans un marché français du bricolage toujours contraint par la prudence des ménages et la faiblesse des grands projets, ce redressement progressif mérite d’être observé.
Le commerce en ligne change la lecture des résultats
Le digital constitue le signal le plus net du semestre. Les ventes en ligne de Castorama progressent de 11 %.
La marketplace affiche pour sa part un volume d’affaires de 38 millions de livres sterling, en hausse de 66 %, et Kingfisher la présente désormais comme rentable. Elle permet à Castorama d’élargir rapidement son offre, sans avoir à stocker directement l’ensemble des références proposées par les vendeurs partenaires.
L’enseigne a également ouvert une boutique sur Amazon avec 1 500 références de ses marques propres et exclusives. Ce choix illustre une stratégie de distribution plus ouverte : aller chercher le client sur les plateformes qu’il utilise déjà, tout en conservant une offre différenciante.
Cette dynamique ne remplace pas le magasin. Elle renforce plutôt un modèle omnicanal dans lequel le site, la marketplace, les plateformes partenaires et le réseau physique se complètent.
Les professionnels deviennent un véritable relais de croissance
Autre évolution structurante : la place prise par les clients professionnels. La pénétration de cette clientèle chez Castorama a progressé d’environ 6,5 points sur le semestre.
L’enseigne a généralisé ses espaces dédiés aux professionnels dans l’ensemble de ses magasins. Elle a aussi enrichi son offre avec plus de 700 nouvelles références vendues directement et plus de 50 marques proposées par des vendeurs partenaires, renforcé ses équipes commerciales et développé une application de fidélité spécifique.
Cette accélération traduit une transformation du positionnement de Castorama. L’enseigne ne s’adresse plus uniquement au particulier qui réalise lui-même ses travaux : elle cherche également à devenir une destination régulière pour les artisans et les petites entreprises.
Dans un marché où la demande des particuliers reste irrégulière, cette diversification de la clientèle peut apporter davantage de fréquence, de volume et de récurrence.
Le parc de magasins est transformé de manière plus sélective
Castorama poursuit parallèlement la transformation de son réseau. Kingfisher indique avoir déjà traité 24 magasins dans le cadre de son programme.
Ce chiffre ne correspond pas uniquement à des rénovations. Il regroupe plusieurs types d’opérations : réduction de surface, modernisation, passage en franchise ou transfert vers l’enseigne Brico Dépôt. Neuf magasins supplémentaires doivent être concernés au second semestre.
Les premiers résultats communiqués par le groupe sont encourageants. Les magasins dont la surface a été réduite enregistrent une amélioration à deux chiffres de leur productivité commerciale, tandis que les sites rénovés affichent une contribution au résultat supérieure à la moyenne du parc.
Ces données restent celles d’un programme en cours. Elles montrent toutefois que la transformation d’un réseau ne passe pas nécessairement par une multiplication des mètres carrés : elle peut aussi reposer sur des formats mieux adaptés à leur zone de chalandise et sur une utilisation plus efficace des surfaces existantes.
L’offre produit contribue elle aussi au redressement
Les catégories retravaillées par Castorama progressent de 5,1 %. Les papiers peints et l’outillage électroportatif enregistrent notamment des croissances à deux chiffres, tandis que le lancement de la nouvelle génération de meubles de salle de bains Imandra est présenté comme réussi.
Ces performances rappellent un point essentiel dans le commerce : le digital facilite l’accès à l’offre, mais il ne remplace pas le travail sur les gammes, la disponibilité des produits et la pertinence des prix.
Un contexte français qui reste difficile
Il serait prématuré de parler d’un retournement complet du marché. La demande reste fragile sur plusieurs catégories liées aux projets importants. Les épisodes de forte chaleur ont également pesé sur certains achats de peinture, de carrelage et de matériaux de construction.
Brico Dépôt France, plus exposé à ces catégories, a ainsi enregistré un recul de 4,2 % de ses ventes comparables sur le semestre, malgré une progression de 21 % des ventes aux professionnels.
À l’échelle de l’ensemble des activités françaises de Kingfisher, le résultat opérationnel courant est néanmoins passé de 72 à 74 millions de livres sterling, avec une marge en légère hausse de 3,5 % à 3,6 %. Ces chiffres concernent Castorama et Brico Dépôt réunis : ils ne permettent donc pas d’isoler la rentabilité de Castorama.
Le groupe Kingfisher affiche par ailleurs un bénéfice ajusté avant impôt de 404 millions de livres, en hausse de 9,9 %, et a relevé sa prévision annuelle. Là encore, cette performance porte sur l’ensemble du groupe et non sur la seule enseigne Castorama.
Castorama va mieux, mais doit encore confirmer
Les résultats publiés ne racontent pas le retour spectaculaire d’une enseigne à la croissance. Ils montrent quelque chose de plus progressif — et sans doute de plus intéressant : une transformation qui commence à modifier la trajectoire.
Le commerce en ligne progresse, la marketplace prend de l’ampleur, les professionnels occupent une place croissante et les premiers magasins transformés affichent des résultats encourageants. Castorama semble ainsi mieux armé pour répondre à un marché devenu plus fragmenté, plus digital et plus exigeant.
La prochaine étape sera décisive : confirmer une croissance comparable au-delà de l’effet marketplace, poursuivre l’amélioration du réseau et transformer ces avancées commerciales en rentabilité durable.
Castorama va donc mieux. Mais le vrai test sera de durer.
Sources
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